Agence immobilière de prestige dans le Luberon : En 1948, Claire et Victor VASARELY tombent amoureux de Gordes

En 1948, Claire et Victor VASARELY tombent amoureux de Gordes

En 1948, Claire et Victor VASARELY tombent amoureux de Gordes.
 
J’ai choisi ces quelques textes et photographies d’archives pour ici leur rendre hommage, tout comme à la Fondation Vasarely, reconnue d’utilité publique en 1971, qui trouve son origine dans cette rencontre entre le plasticien d’origine hongroise et ce village des monts du Vaucluse.
 
Aux premiers jours de chaque été, mes grands-parents sacrifiaient à la traditionnelle « transhumance » vers la garrigue ; camion et voiture emportaient matériel et chiens pour retrouver le travail, entrecoupé d’une pause « natation » le matin et d’une autre « pétanque » en fin d’après midi.
Je garde de mes vacances d’enfant et d’adolescent auprès d’eux des souvenirs d’indicibles joies et de plaisirs simples.
 
Pierre Vasarely
Unique petit fils de Claire et Victor Vasarely
Président de la Fondation Vasarely
 
 
Illustrations à venir.
 
« Que cela soit à l’Abbaye de Sénanque ou dans la plus humble des demeures à Gordes, un petit fenestron carré, ouvert dans un grand mur, diffuse tant de lumière … Cette même ouverture, vue de l’extérieur, se métamorphose en un cube immatériel noir, insondable. Villes et villages méridionaux dévorés par un soleil implacable m’ont révélé une perspective contradictoire. Jamais l’œil n’y réussit à identifier l’appartenance d’une ombre ou d’un pan de mur : pleins et vides se confondent, formes et fonds alternent. Tel triangle s’unit tantôt au losange de gauche, tantôt au trapèze de droite, tel carré saute plus haut ou vacille vers le bas, selon que je l’accouple à une tâche vert sombre ou à un morceau de ciel pâle. Ainsi des choses identifiables se sont muées en abstractions et, dépassant le seuil de la gestalt, ont commencé leur vie propre. »
Vasarely, 1948.

« Deux mois de méditation, de prospection, de recherches et de préparation, appelés vacances, tous les étés, depuis 1948, un océan de temps … La « grande découverte » de Gordes n’était en réalité qu’une éclatante confirmation des trouvailles antérieures. La fameuse perspective axonométrique, si chère à Kupka, était notre pain quotidien dans l’atelier de Maître Bortnyik à Budapest. Auparavant, figurer un cube en transparence n’a été concevable qu’à l’aide de six losanges, loi bien connue de la perspective italienne. Nous dressions les quatre perpendiculaires au quatre coins du carré fondamental, mais en les inclinant à droite ou à gauche : à égale distance du premier, un deuxième carré pouvait être constitué. L’épure ainsi obtenue nous a donné un cube, mais ses composants étaient bien deux carrés parfaits et seulement quatre losanges. La même démarche pouvait se faire aussi avec d’autres figures de la géométrie plane. J’a exécuté un grand nombre de dessins en perspective axonométrique dans mes études graphiques, en 1934 – 1935, dont un cube en transparence (comportant six têtes », s’où sortit l’idée de ma Période Cristal. L’ambigüité de ces dessins ne venait pas du trompe l’œil, dû à une perspective quelconque mais bien de la naissance dans le plan d’un espace encore mystérieux.

La révélation de Gordes, pour moi, c’était de constater ce phénomène à l’échelle d’une ville bâtie sur roc. Spectacle permanent le jour, ou par clair de lune, obsédant mais combien fécond ! Négligeant l’histoire et la beauté des vieilles pierres, c’est cette plasticité en plan vertical qui m’a saisi et a engendré une suite d’œuvres déterminantes ».
Vasarely, 1964.
 
"Le Musée didactique de Gordes fonctionne à merveille. Tous ceux qui, par hasard, par simple curiosité, par intérêt ou par besoin, s'y rendent, sont informés de l'essentiel de mes idées et de mon œuvre. Le public sage et contestataire, moqueur et subjugué, mais unanimement intéressé, est surtout composé de jeunes. J'en suis comblé.
La Fondation d'Aix-en-Provence (...) se proposera de combattre les nuisances visuelles, d'embellir l'environnement artificiel, de réaliser la Cité polychrome du bonheur. Idéalisme? Bienfaisance? Point!  Devoir et politique sociale, à ma manière ....
L'artiste sera-t-il une vedette riche et mégalomane, ou utilisera t'il ses revenus pour une action d'utilité publique?
J'ai choisi le deuxième terme de l'alternative; mes moyens me donnent le pouvoir de créer une Fondation indépendante des marchands, de l'administration, des financiers et des partis politiques.
A peu près un quart de ma production constitue des dons en faveur des musées et des collectivités dépourvus de moyens, des offrandes aux œuvres de bienfaisance contre le racisme, contre la famine, pour l'enfance malheureuse, pour certaines actions politiques."
Vasarely, Revue Opus n° 46 - septembre 1973.
 
 
« … Le peintre aujourd’hui fait peu d’efforts pour promouvoir l’art de la cité. Le commerce des tableaux est bien organisé et, la publicité aidant, l’artiste accède rapidement à la célébrité et à l’aisance, mais a-t-il ainsi entièrement répondu à sa vocation ? A-t-il fait réellement son devoir vis à vis de la communauté ? »
Dans cette question qu’il pose avec une certaine angoisse, Vasarely résume une de ses préoccupations essentielles : la responsabilité de l’artiste envers la communauté humaine.
C’est précisément la conscience aiguë de cette responsabilité qui l’a conduit à entreprendre, au sommet de sa carrière, la réalisation d’un vaste programme dynamique bipolaire dont le Musée didactique de Gordes, créé en 1970, constitue une première étape. Le Centre d’Aix-en-Provence inauguré au début de 1976 conclut l’idée de la Fondation Vasarely.
Ce musée n’a donc pas la vocation de se présenter comme un tout en soi, mais comme partie d’un tout. Il s’agit ici, en effet, non pas seulement d’offrir une rétrospective de l’œuvre d’un peintre consacré, dans un souci d’information esthétique, mais surtout de faire apparaître clairement, à travers le déroulement chronologique de cette œuvre, les différents jalons marquant le cheminement d’une idée force qui la sous-tend et lui donne sa cohésion, une logique interne dont la signification trouvera son aboutissement et son élargissement dans les travaux de recherche que se propose justement la fondation aixoise : à savoir l’intégration de la beauté plastique à tous les niveaux de la cité, espace humain par excellence. »
Claude Desailly, dans le Livre Guide du Musée didactique de Gordes - 1976